D’une matrice curatoriale contemporaine

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Volume 6 numéro 2 – novembre 2021 (ancien site)
Avec des œuvres de Gauthier d’Ydewalle
Éditorial
Par Sylvain David
Résumé : Le dossier « Inspirations littéraires de l’exposition. D’une matrice curatoriale contemporaine » prend acte d’une série de tendances institutionnelles récentes, comme les hommages muséaux rendus à des poètes et romancier·ère·s, les expositions créées par des écrivain·e·s et les projets inspirés par une oeuvre littéraire en particulier…
Dossier
Inspirations littéraires de l’exposition. D’une matrice curatoriale contemporaine : présentation du dossier, par Corentin Lahouste et David Martens
Résumé : Nombreuses ces dernières années sont les expositions qui assignent à la littérature une fonction d’objet, de matrice ou de modèle — de façon plus ou moins revendiquée — dans le cadre de propositions curatoriales issues du monde de l’art contemporain. Elles s’inscrivent en réalité dans un essor de plus grande ampleur des expositions touchant à la littérature, une tendance que ce dossier entend explorer.
Le format littéraire de l’exposition, par Anne-Christine Royère
Résumé : Cet article étudie les modalités de la relation critique tissée par les interactions contemporaines entre art et littérature en régime expositionnel. Comment, en s’inspirant des formes et des dispositifs de l’art, les poètes reformulent-ils leur méthode d’écriture? Quelles sont les conséquences de ce changement de régime médiatique? Les scénographies d’Anne-James Chaton et de Jérôme Game apportent quelques éléments de réponse à propos de l’exposition considérée comme une forme d’art et d’écriture littéraires.
Une exposition sous influences. Amberes au M HKA d’Anvers, d’après le roman éponyme de Roberto Bolaño, par Corentin Lahouste, David Martens et Perrine Estienne
Résumé : Construire une exposition d’art contemporain à partir d’un roman, tel est le défi que s’est lancé le M HKA en 2019, en prenant pour point de départ le premier roman de Roberto Bolaño, Amberes. À partir d’une telle démarche, on se propose de voir comment une oeuvre littéraire peut sous-tendre le geste curatorial : quelle est la nature du rôle séminal du roman, et de son auteur plus largement, et en quoi ont-ils eu une incidence sur la teneur et la forme de l’exposition, ainsi que sur le regard que nous sommes invité·e·s à poser sur les oeuvres données à voir et sur leur rassemblement au M HKA?
Narrations curatoriales. Écritures de l’exposition, fictions et récits dans l’art contemporain, par Magali Nachtergael
Résumé : La narration curatoriale a émergé en art contemporain à la suite d’un mouvement fictionnaliste sur la scène francophone des années 1990. La matrice narrative a inspiré des commissaires d’exposition mêlant pratique du storytelling et évocations littéraires structurant l’imaginaire esthétique de l’espace d’exposition. Un panorama d’expositions narratives des années 2000 montre que ces références à des imaginaires littéraires témoignent d’un éclatement de la notion de grand récit muséal à la faveur de petites histoires et singularités.
D’une chambre à soi au musée. Virginia Woolf comme symbole d’une légitimation institutionnelle des artistes, par Hélène Orain
Résumé : Une chambre à soi de Virginia Woolf, publié en 1929, est devenu le symbole littéraire de la difficulté des femmes à créer. Dans le cadre d’expositions touchant à la place des artistes femmes dans l’histoire de l’art, cet essai est une référence incontournable. En 2009, elles@centrepompidou est structuré autour de ce texte, tandis qu’en 2015, Qui a peur des femmes photographes? se réfère à Woolf sans jamais la citer directement. Cet article revient sur l’appropriation d’Une chambre à soi par des commissaires d’exposition.
Houellebecq, patrimonialisé ante-mortem. L’anticipation au service de la critique, par Marie-Clémence Régnier et Isabelle Roussel-Gillet
Résumé : Les artistes Alice Lescanne et Sonia Derzypolski ont travaillé sur la figure du « grantécrivain » vivant à partir du cas emblématique de Michel Houellebecq. Leur questionnement s’articule autour des lieux et des instances de patrimonialisation de la littérature dans une création radiophonique et une installation itinérante. À partir d’un entretien audiovisuel et d’un corpus de photographies et d’extraits tirés des deux projets, l’article analyse comment les artistes mettent en lumière les ressorts de la patrimonialisation d’un auteur et de son oeuvre en choisissant la voie de la (dé)hiérarchisation des « grands auteurs ».
Qu’est-ce qu’un auteur (d’exposition) ?, par Jérôme Glicenstein
Résumé : Toute exposition, à l’instar d’autres formes langagières, transmet des idées, des points de vue et permet aux visiteurs de naviguer au sein d’un espace imaginaire. Il s’agit dans cet article de s’intéresser notamment à des situations où des ressorts fictionnels sont mis en place et où les commissaires d’expositions en viennent à revendiquer une position d’auteur, mettant à profit des partis pris singuliers dans la conception du parcours, le choix des objets ou celui des textes de médiation.
Un « hommage visuel au livre ». Livre/Louvre de Jean-Philippe Toussaint, par Claire Olivier
Résumé : En s’attachant à la spécificité de certaines oeuvres présentées dans l’exposition Livre/Louvre de Jean-Philippe Toussaint, il s’agit de déterminer ce qui est ainsi exposé du littéraire et de comprendre quelle image de la littérature est donnée à voir. Pour ce faire, cet article appréhende les écrivains présents dans le parcours, par le biais de photographies et de manuscrits, comme de véritables figures participant d’une idéalisation de l’écriture.
Rester écrivain. L’exposition d’Enrique Vila-Matas à la Whitechapel Gallery, par Julie Bawin
Résumé : Depuis le tournant des années 2000, de nombreuses institutions culturelles ont instauré, dans leur programmation, des expositions donnant carte blanche à un écrivain. À travers l’analyse de l’exposition conçue par Enrique Vila-Matas à la Whitechapel Gallery à partir d’un choix opéré dans les collections de la fondation d’art contemporain « la Caixa », l’objectif est d’identifier la singularité de la proposition littéraire et expositionnelle de l’écrivain catalan, tout en cherchant à comprendre les ambitions qui dictent, plus généralement, les projets institutionnels dans lesquels un écrivain est appelé à se transformer en commissaire d’exposition.
Contrepoints
- Matthias De Jonghe
- Julien Jeusette
- Gaëlle Debeaux
- David Martens

