La littérature jeunesse patrimoniale à l’ère de la photographie

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Volume 8 numéro 2 – novembre 2023 (ancien site)
Avec des œuvres de Marie Liesse
Éditorial
Par Sylvain David
Résumé : Le dossier « Contes en habits neufs. La littérature jeunesse patrimoniale à l’ère de la photographie », codirigé par Laurence Le Guen et Christine Rivalan Guégo, explore les déplacements de sens qui résultent de l’illustration de récits pour enfants à l’aide d’un médium associé non seulement à l’art, mais aussi au journalisme, au documentaire, à l’anthropométrie. L’intemporalité de figures comme le Petit Poucet ou le Petit Chaperon Rouge se heurte à la réalité sociale et politique du présent.
Dossier
Contes en habits neufs. La littérature jeunesse patrimoniale à l’ère de la photographie : présentation du dossier, par Laurence Le Guen et Christine Rivalan Guégo
Résumé : Depuis l’invention du médium, les photographes ont investi le patrimoine commun de la littérature et de la culture enfantines pour proposer leurs propres relectures des textes hérités de la tradition orale. Tous ces ouvrages de contes photo-illustrés ont un dénominateur commun : à des degrés divers, ils remettent en cause le traditionnel pacte de lecture en se plaçant d’emblée dans des perspectives décalées, hypercritiques et souvent humoristiques.
Les contes et leurs fantômes dans l’objectif des photographes. Album pour la jeunesse et art contemporain, par Christiane Connan-Pintado
Résumé : L’article s’attache à un corpus d’ouvrages pour la jeunesse conçus par des artistes contemporains qui ont fait le choix du médium photographique pour illustrer les contes séculaires. Tout en suivant le fil de la narration, leurs images se réapproprient les textes sources au service d’un propos renouvelé, teinté de comique, de tragique ou d’étrangeté. En se jouant des liens entre fiction et réalité, la photographie parvient à révéler ce qui palpite sous les histoires que l’on croyait si bien connaître.
Contes à la une. La collection « Te Cuento », par Christine Rivalan Guégo
Résumé : Lancée en 2014 à l’initiative de la maison d’édition espagnole Alkibla, la collection « Te Cuento » propose des réécritures « en mots et en photographies » des contes patrimoniaux. L’actualité de l’Espagne du début du XXIe siècle, au coeur des contes de la collection, vient mettre en lumière le potentiel littéraire, artistique et didactique des versions originales.
Charles Perrault à l’ère du numérique. Le Chat Botté dans l’objectif de Frank Horvat, par Laurence Le Guen
Résumé : Cet article analyse ce qui semble être la seule relecture par la photographie du conte Le chat botté, classique de la littérature et du patrimoine folklorique mondial. Avec Yao le chat botté, Véronique Aubry et Frank Horvat en proposent une réinterprétation au croisement des expérimentations techniques du célèbre photographe et de son goût pour la mise en scène. Ce faisant, l’article inscrit cette version du Chat botté dans le réseau des expansions hypertextuelles du conte de Perrault.
Les contes photoillustrés de Károly Gink, par Gyöngyi Pál
Résumé : Cet article porte sur deux ouvrages réalisés par le photographe Károly Gink : Csunyinka álma (Le rêve de Csunyinka) et A fülemüle (Le rossignol). Le contexte de parution et la réception de ces contes photoillustrés permettent de montrer leurs sous-textes politiques, ainsi que le caractère unique du projet dans le champ éditorial hongrois des ouvrages illustrés pour enfants.
Métamorphoses d’un conte lispectorien. De l’usage du collage photographique dans La femme qui tuait les poissons, par Héloïse Huynh
Résumé : Cet article explore les collages photographiques qu’a créés Mariana Valente pour illustrer le conte La femme qui tuait les poissons de Clarice Lispector. Il se penche sur la relation subversive entre le texte et les images, qui permet principalement d’adoucir les thématiques sombres du conte, avant d’analyser un portrait photographique de Clarice Lispector reconfiguré par les techniques du collage pour modifier la posture littéraire de l’écrivaine.
Document
La photographie au service de l’imaginaire enfantin, par Marie Liesse
Résumé : La photographe Marie-Liesse raconte la genèse de l’ouvrage Le jour où je serai grande. Une histoire de Poucette, né de sa collaboration avec l’écrivain Timothée de Fombelle. Son témoignage est suivi d’un conte photographique inédit.
Contrepoints
Variations
- Christiane Connan-Pintado
- Christine Rivalan Guégo
- Clarisse Bailleul
- Inès Guégo Rivalan
- Avril Bénard
- Arnaud Guillou
Hors dossier
La violence comme praxis de subjectivation. L’opoponax et Les guérillères de Monique Wittig, par Ketzali Yulmuk-Bray
Résumé : Cet article propose une lecture suivie des deux premiers romans de Monique Wittig, L’opoponax et Les guérillères, dans lesquels se développe une conception de la violence commepraxis de subjectivation. À partir du dispositif de défense théorisé par Elsa Dorlin dans son ouvrage Se défendre, il s’agit de retracer l’évolution des conflits entre corps défendables et corps indéfendables dans les deux textes à l’étude.

